dent du bonheur

Dents du bonheur : quelles origines et solutions ?

Atout séduction ou complexe, les dents du bonheur peuvent réjouir ceux qui les arborent comme générer un vrai complexe. Egalement appelées diastème (du grec « diastema » : intervalle), elles se caractérisent par un espace excessif entre deux dents. Bien que pouvant toucher toute zone, le diastème se trouve souvent entre les deux incisives supérieures (il porte alors le nom de diastème inter-incisif). 

Naissance de l’expression « dents du bonheur »

L’origine de cette appellation remonte au 19e siècle, lors des guerres napoléoniennes. À cette époque, lors des combats, les deux mains des soldats étaient mobilisées par le port de leurs lourds fusils et ils devaient utiliser leurs dents pour déchirer les sachets en papier contenant les recharges de poudre. Il fallait donc de solides mâchoires et des dents en parfait état. Les soldats dont les dents étaient écartées étaient réformés. Ils avaient ainsi le « bonheur » de ne pas participer à la guerre. L’expression a été conservée 

Dents du bonheur : quelles sont les causes ?

La gêne vécue peut être esthétique ou fonctionnelle. Il peut en effet exister un déséquilibre de la mâchoire et une force anormale exercée sur les dents. Cela peut aboutir à une usure prématurée de l’émail et des tissus de soutien des dents (que sont la gencive, l’os, et les ligaments). La gêne ressentie peut également être due à la rétention d’aliments lors des repas. Cet inconvénient, hormis l’aspect esthétique des choses, peut également conduire à une accumulation de plaque dentaire, à des caries et à la présence d’halitose (mauvaise haleine).

Les dents du bonheur peuvent exister en denture lactéale (lorsque l’enfant a ses dents de lait), et ne plus exister en denture définitive. On attribue à cela plusieurs raisons :

  • La taille des dents de lait est plus petite que celle des dents définitives 
  • La mâchoire n’a pas fini d’évoluer

Quoi qu’il en soit, l’existence de diastèmes en denture lactéale est finalement plutôt un bon signe quant à la place dont disposeront les dents définitives pour pousser.

Plusieurs causes peuvent être à l’origine des dents du bonheur.

Insertion basse du frein labiale

Le frein labial est une structure muqueuse dense reliant la face interne de la lèvre à la gencive. Sur la mâchoire supérieure, son insertion se situe entre les deux incisives. Lorsqu’il est inséré trop bas, sa structure dense empêche le rapprochement des dents et maintient l’espace.

Absence d’une dent

L’absence d’une dent peut avoir une cause congénitale, on parle alors d’agénésie. Dans ce cas la dent ne s’est pas formée, le germe dentaire n’existait pas.

L’absence d’une dent peut également être due à une extraction, suite à une infection, une fracture ou pour un problème de mobilité, et lorsque la dent ne peut être sauvée.

Écart important entre dents et mâchoire

L’écart entre des dents trop petites, par leur forme et leur structure, et une mâchoire proportionnellement trop grande peut participer à l’apparition d’intervalles. La cause est alors génétique, voire héréditaire. Dans ce cas, l’écart n’est pas nécessairement localisé aux dents du bonheur mais peut toucher toutes les dents. 

Maladie parodontale

Cette maladie infectieuse touche et détruit les tissus de soutien des dents que sont la gencive, l’os et le ligament alvéolo-dentaire. Les conséquences de cette maladie sont nombreuses. Elle peut, entre autres, aboutir à des déplacements dentaires, des changements de position des dents. Elle peut également créer des espaces entre les dents antérieures et/ou créer un décalage prononcé entre les dents antérieures du haut et celles du bas (également appelé surplomb). 

Succion du pouce chez l’enfant

Cette habitude, si elle persiste trop longtemps chez l’enfant, peut causer des déformations osseuses et dentaires, entraver le développement correct des arcades dentaires et entraîner un mauvais positionnement des dents (chevauchements, malocclusions…). En suçant son pouce, l’enfant exerce une pression forte sur les dents antérieures, ce qui peut conduire à un surplomb (voir supra) et à un écartement des dents (dents du bonheur). 

Déglutition atypique

Normalement, chez l’adulte et l’enfant de plus de 6 ans, la déglutition s’effectue lèvres jointes, dents en contact, et langue collée au palais afin de propulser les aliments vers l’arrière. Si la déglutition infantile perdure, c’est-à-dire avec la langue qui s’interpose entre les dents antérieures, la force exercée va finir par créer des déformations dentaires. 

Dents du bonheur : comment y remédier ?

Pour les personnes gênées par leurs dents du bonheur, il existe plusieurs solutions. 

La freinectomie

Lorsque le frein labial est en cause, la solution sera de procéder à son ablation. Il s’agit d’un geste chirurgical qui permettra de libérer l’espace inter-incisif et de rapprocher les incisives centrales. 

L’intervention, rapide et quasi indolore, se pratique sous anesthésie locale, au laser ou au bistouri. Les suites sont simples. Il faudra le plus souvent un traitement orthodontique en suivant, afin de fermer l’espace libéré. 

Traitement de l’atteinte parodontale

Si les dents du bonheur sont la conséquence d’une maladie parodontale, il faudra la traiter avant d’envisager toute autre solution. La destruction de l’os étant l’une des conséquences de cette maladie, les dents deviennent mobiles se déplacent et s’écartent. 

Le dentiste va donc, en première intention, procéder à un curetage parodontal afin d’éliminer tartre et plaque dentaire et d’assainir les tissus de soutien des dents. Une antibiothérapie devra parfois être associée. Si la masse osseuse détruite est trop importante, des comblements pourront parfois être nécessaires. C’est seulement après cette étape qu’une solution pourra être apportée afin de resserrer les dents écartées.

Réhabilitation prothétique

Lorsque la cause du diastème est une taille de dents trop étroite, la pose de couronnes peut être la solution. Il s’agit d’une prothèse fixe (collée) recouvrant la dent existante, à laquelle le praticien dentaire pourra donner la forme et la taille souhaitées.

Cette technique est esthétiquement très concluante. L’inconvénient majeur est qu’elle oblige à tailler la dent existante alors qu’elle est saine. 

Facettes dentaires

Il s’agit de fines coquilles de céramiques que l’on colle sur les faces externes des dents, de façon à corriger leur forme, leur couleur ou leur alignement. Dans ce cas, les facettes, plus larges, permettront de combler l’espace créé par les dents du bonheur. 

L’intérêt majeur de cette technique est qu’il n’est pas nécessaire de tailler les dents comme dans le cas de couronnes, une légère réduction de l’émail en surface suffit. 

Orthodontie

Si la réhabilitation prothétique ou la pose de facettes ne sont pas les solutions retenues, et une fois la freinectomie ou le traitement parodontal réalisés,le traitement orthodontique est une solution souvent utilisée pour supprimer les dents du bonheur. 

Le traitement peut être réalisé au moyen de brackets (petites attaches collées sur les dents) sur lesquels seront fixés des arcs, fils, chainettes…, destinés à aligner et rapprocher les dents. Ce traitement s’effectue sur plusieurs mois. Il peut également être réalisé grâce à des aligneurs. Cette technique utilise des gouttières, transparentes et discrètes, portées en permanence (sauf pendant les repas), et peut permettre de fermer les diastèmes. 

Les dents du bonheur peuvent être un atout charme pour certains, ou un véritable complexe pour d’autres. Il existe aujourd’hui des solutions pour les faire disparaître. Votre spécialiste dentaire établira avec vous le meilleur traitement.

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