arthrtite dentaire

L’arthrite dentaire : mieux la comprendre pour mieux la reconnaître

L’arthrite dentaire, plus justement nommée desmodontite, est l’inflammation du ligament alvéolo-dentaire (le desmodonte). Ce tissu conjonctif entre la racine de la dent et l’os alvéolaire génère, en cas d’agression, une réaction inflammatoire, provoquant plusieurs symptômes très caractéristiques. Il faut agir vite. Mais les réactions se font rarement attendre ! 

L’arthrite dentaire : pourquoi apparaît-elle ?

Les causes de l’arthrite dentaire sont généralement de trois ordres : infectieux, traumatique ou chimique. Les symptômes sont les mêmes, mais les traitements différents, puisqu’il s’agit, pour la traiter, d’en éliminer la cause. 

Les origines infectieuses

Les arthrites dentaires d’origine infectieuse sont essentiellement au nombre de trois. 

Une infection de la pulpe dentaire

La pulpe dentaire constitue la cavité centrale de la dent et renferme les vaisseaux et les nerfs. En présence d’une carie non ou mal traitée, les bactéries parviennent jusqu’à elle, en s’étendant jusqu’au ligament. L’inflammation du desmodonte apparaît en réaction aux toxines microbiennes. 

La présence de corps étrangers

Il peut s’agir d’un corps étranger venu se piquer dans le desmodonte (croûte de pain, poil de brosse à dents, arête de poisson. Il peut aussi s’agir de débris alimentaires qui, en s’accumulant, exercent une pression entre deux dents et provoquent l’inflammation des ligaments. 

Une parodontite

Il s’agit de l’envahissement bactérien des tissus de soutien des dents, par accumulation de plaque dentaire et de tartre. L’infection atteint le desmodonte, provoquant son inflammation. 

Une sinusite aigüe

Une infection de sinus est en cause. Une lourdeur caractéristique au niveau de la pommette, exacerbée en position penchée vers l’avant est présente. L’inflammation concerne dans ce cas le desmodonte des dents maxillaires, les plus proches des sinus. 

L’arthrite dentaire peut également venir en réaction à une agression physique. 

Une malocclusion

La malocclusion résulte d’un mauvais engrènement des dents présentes sur les mâchoires du haut et du bas. En cas de dérèglement, les forces exercées sur les dents et les tissus de soutien sont faussées, créant des traumatismes à répétition et irritant le ligament. 

Le bruxisme

Le bruxisme est le grincement ou le serrement inconscient des dents les unes contre les autres, le plus souvent la nuit. Les forces exercées sont importantes et elles provoquent des dommages importants sur les tissus de soutien. 

Un implant dentaire mal positionné

La couronne sur implant plus précisément, si elle est en mauvaise position, peut exercer une pression sur la gencive et blesser le ligament. 

Un choc

Qu’il soit unique ou qu’il s’agisse de traumatismes répétés, le choc crée des pressions sur les dents et provoque une irritation du tissu conjonctif. 

Une prothèse dentaire mal positionnée

La prothèse mal positionnée exerce des pressions déséquilibrées entraînant des réactions des tissus conjonctifs entourant la dent. Les terminaisons nerveuses du ligament deviennent inflammatoires, congestives, car comprimées entre la racine et l’os. S’ensuivent une destruction et une usure progressives du desmodonte, de la mobilité de la dent et de son déchaussement si rien n’est fait. 

les origines chimiques

Le patient peut développer une réaction à la pâte d’obturation utilisée lors de la dévitalisation de la dent, ou encore à un anesthésiant. La manifestation est alors localisée au niveau du desmodonte. On parle d’arthrite médicamenteuse. 

L’arthrite dentaire : quels sont ses symptômes ?

L’apparition de l’arthrite dentaire connaît la plupart du temps un épisode de douleur aigu puis, en cas de persistance de la cause, une chronicité s’installe. Le stade aigu peut cependant réapparaître à tout moment. La douleur est accentuée au contact et en position allongée. Elle est présente à l’occlusion et parfois même à la simple pression de la langue. On peut noter une congestion localisée, puis un œdème. La gencive est rouge et gonflée. L’un des symptômes très caractéristiques de l’arthrite dentaire est la sensation de dent « trop longue » ou « élastique ». 

Ce ressenti est dû à la transformation des sensations nerveuses du ligament enflammé. Il arrive qu’un ou plusieurs abcès apparaissent. La dent devient mobile, amenant de fortes complications de la fonction masticatoire. La douleur est continue et lancinante, plus ou moins intense, et résiste aux antalgiques. Un des éléments permettant de la différencier de la pulpite est que la douleur ne cesse pas. Elle est augmentée par la chaleur [qui comprime un peu plus les fibres nerveuses], et plutôt améliorée par le froid. Une halitose est souvent présente, ainsi qu’une tuméfaction unilatérale. 

L’arthrite dentaire : quels traitements ?

Le traitement de l’arthrite dentaire passe par la suppression de la cause. En attendant cette intervention, il est préconisé de mettre la dent au repos en la raccourcissant un peu pour qu’elle ne touche pas la dent antagoniste lors de l’occlusion et de privilégier l’absence de sollicitation. Des anti-inflammatoires sont parfois prescrits contre la douleur, et des antibiotiques si l’origine est infectieuse. Lorsque l’épisode aigu est passé, le spécialiste de dentisterie peut procéder au traitement de la cause. 

Une pulpe infectée

En cas d’atteinte de la pulpe par une carie profonde, le spécialiste de dentisterie procède à la dévitalisation de la dent. Cette opération consiste à enlever les tissus infectés des canaux radiculaires, qui sont ensuite nettoyés, mis en forme, et obturés de façon hermétique. Si l’atteinte est trop importante, l’extraction de la dent peut être envisagée. 

Une prothèse mal adaptée

Le desmodonte joue un rôle d’amortisseur entre la dent et l’os alvéolaire. Si la prothèse est mal adaptée, ou trop imposante, un traumatisme se produite à l’occlusion. En présence d’arthrite dentaire, le spécialiste de dentisterie procède à son repositionnement ou à la suppression d’une éventuelle surépaisseur. Il en va de même pour une couronne sur implant, qui peut être soit retouchée, soit changée afin de soulager la gencive. 

Une parodontite

Si une parodontiteest à l’origine de la pathologie, le spécialiste de dentisterie procède à un assainissement des tissus de soutien des dents concernées. Détartrage, surfaçage radiculaire, parfois antibiothérapie, permettent d’éliminer les facteurs d’agression que sont la plaque dentaire et le tartre, et de supprimer l’inflammation. 

Le bruxisme

Le port de gouttières occlusales la nuit peut agir en protégeant les dents des traumatismes provoqués par les grincements et serrements de dents. L’origine fréquente du bruxisme en revanche, le stress, a besoin d’être pris en charge par des techniques tel que l’hypnose, la méditation, voire une psychothérapie. 

Une malocclusion

En fonction du problème rencontré, la solution va du « simple » meulage d’une dent en surocclusion, au traitement orthodontique, par système traditionnel fixe ou par le port de gouttières invisibles. 

L’arthrite dentaire, bien qu’assez fréquente, est pourtant peu connue. Ses symptômes très caractéristiques permettent au spécialiste dentaire d’effectuer rapidement un premier diagnostic et d’agir en conséquence afin de soulager la douleur. D’origine infectieuse, chimique ou traumatique, l’arthrite dentaire se soigne. Alors, n’attendez pas ! 

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